Si je suis devenue doula aujourd'hui, ce n'est pas seulement à travers les livres : c'est parce que j'ai marché sur ce chemin. J'ai connu l'ombre, la peur, le jugement, mais y ai aussi trouvé ma plus grande puissance. Voici mon histoire, déposée ici en toute transparence, pour que tu saches que peu importe tes choix, tes blessures ou tes besoins, je t'accepte telle que tu es.
C'est parce que j'ai marché sur ce chemin.
Chaque grossesse, chaque enfantement et chaque post-partum est un voyage unique.
Voici mon histoire, déposée ici en toute transparence, pour que tu saches que peu importent tes choix, tes blessures ou tes besoins, je t'accepte telle que tu es.
Un an après avoir traversé la douleur d'une fausse couche, j'ai entamé ma première grossesse habitée par une peur immense. Je ne connaissais rien à la maternité. Dans le système public, les rendez-vous médicaux duraient à peine 10 à 15 minutes. Je me sentais comme un simple numéro sur une ligne de montage, un rouage dans un système où personne n'accordait le temps dont j'avais besoin.
Une fois mes eaux rompues, dès mon arrivée à l'hôpital, mon enfantement a duré plus de 41 heures. En manque total de repères et de sécurité, je me suis déconnectée de mon corps pour m'abandonner aveuglément aux ordres de l'équipe médicale : comment pousser, quand pousser, comment compter... Si j'avais simplement été informée sur la physiologie de mon corps et la descente de mon bébé, j'aurais eu une tout autre compréhension pour accompagner mon enfant.
L'épreuve invisible : Le poids du jugement et le traumatisme de l'avortement
Près d'un ans après cette première naissance, je suis tombée enceinte à nouveau. Très jeune, craignant le regard et le jugement de mon entourage face à deux enfants si rapprochés, je me suis sentie poussée à faire un choix qui n'était pas profondément le mien : j'ai vécu un avortement médicalisé.
C'est une décision que j'ai regrettée pendant plusieurs années par la suite. Au-delà de la détresse émotionnelle, ce passage a failli me coûter la vie. J'ai développé une grave infection causée par des débris oublié, ce qui a nécessité un curetage d'urgence. Cette épreuve m'a fait réaliser à quel point les femmes sont souvent seules, incomprises et en danger dans leurs choix reproductifs.
C'est de cette douleur qu'est née ma volonté d'accompagner aussi les femmes qui traversent un avortement. Qu'il soit médicalisé ou soutenu par la douceur des plantes et d'un rituel sacré pour laisser partir cette petite âme, chaque femme mérite d'être tenue et respectée.
Quelques semaines à peine après que mon conjoint m'eut quittée, mettant fin à une relation de violence conjugale, j'ai appris que la vie s'était de nouveau invitée en moi. Mes premiers mois de grossesse ont été d'une immense détresse psychologique et physique. J'avais un besoin vital d'être entendue et enveloppée, ce qui m'a poussée vers les sages-femmes.
Nous étions en pleine pandémie de COVID, et mon parcours a été une suite de tempêtes. Mon premier suivi a été annulé, me forçant, à 5 mois de grossesse, à refaire une demande dans un autre point de service pour recommencer avec une nouvelle équipe. Puis encore, à peine deux semaines avant mon enfantement, ma sage-femme principale est partie en congé de prévention puisqu'elle attendait elle aussi un bébé. Je me suis retrouvée à enfanter avec une sage-femme que je connaissais moins.
Pendant le travail, je répétais sans cesse ressentir une brûlure intense au ventre, mais personne ne répondait à mon inconfort. À un certain point, cette sage-femme a haussé le ton pour me faire « prendre contact » avec la situation. Pour moi qui sortais de la violence, la confiance s'est brisée instantanément. Mon instinct de sécurité a pris le dessus : j'ai exigé un transfert à l'hôpital. Au moment exact où l'ambulance est arrivée, mes eaux ont rompu.
Dès notre arrivée à l'hôpital, le médecin m'a examinée : j'étais prête. En trois poussées seulement, mon bébé naissait naturellement et sans aucune complication. Mon corps avait sagement attendu que je sois dans l'environnement le plus sécuritaire pour moi a ce moment pour s'ouvrir.
Pour ma troisième grossesse, forte du cheminement et de la reprise de pouvoir que j'avais bâtis face à mes expériences passées, j'ai choisi d'enfanter à la maison.
Dès le départ, j'ai mis les choses au clair avec ma sage-femme : je voulais le moins d'interventions possible et je faisais confiance à mon corps à 100 %. Elle a absolument tout respecté, se positionnant comme un support bienveillant et une guide au besoin, sans jamais m'imposer de directives
J'ai compris à ce moment-là une vérité fondamentale : c'est moi qui enfante, personne ne m'accouche. Je n'avais besoin de personne à l'extérieur de moi pour mettre mon enfant au monde. C'est dans ma baignoire que j'ai repris mon plein pouvoir. L'élément de l'eau, si précieux pour moi avec (mon ascendant Scorpion et ma lune en Cancer) a été mon sanctuaire de douceur absolue, l'endroit où j'ai pu m'abandonner en toute sécurité.
Ma promesse pour toi, peu importe ta route
C’est une expérience humaine qui se tisse sur le long terme.
À travers le temps, j'ai vécu le spectre complet de la maternité et de la fertilité : de la fausse couche à l'avortement d'urgence, de la médicalisation stricte à l'accouchement à la maison, en passant par les failles du système. Ce parcours m'a appris qu'il n'y a pas une « bonne » façon de vivre son chemin de femme. La seule bonne façon, c'est la tienne, selon ton niveau de sécurité et tes besoins.
Ma mission absolue en tant que doula est de m'assurer que ton environnement soit un espace sécuritaire où tu peux être pleinement vulnérable. Que ton histoire passe par l'hôpital avec une péridurale, une interruption de grossesse ou la douceur d'une naissance à la maison, tes choix, tes valeurs et ton rythme seront toujours protégés à mes côtés.
La seule bonne façon, c'est la tienne, selon ton niveau de sécurité et tes besoins.